Fiscalité de votre investissement

Selon les opérations, vous investissez sous forme d'obligations (vous percevez des intérêts) ou d'actions (vous percevez des dividendes et, à la sortie, une plus-value). Ce guide explique, pour une personne physique résidente de France, comment chacun est imposé en 2026 — et les cas particuliers (IFI, apport-cession, transmission).
fiscalité co investissement immobilier
Partager: E-mail
Fiscalité

L’essentiel en 30 secondes

Pour un investisseur personne physique résident fiscal de France et affilié au régime français de sécurité sociale : les intérêts sont prélevés à la source, vous percevez un coupon net.

31,4 %
d’imposition totale en 2026
12,8 %Impôt sur le revenu
18,6 %Prélèvements sociaux

Exemple · pour 1 000 € d’intérêts bruts

Intérêts bruts1 000 €
Impôt sur le revenu (12,8 %)− 128 €
Prélèvements sociaux (18,6 %)− 186 €
Montant net perçu686 €
Net perçu 686 € IR 128 € PS 186 €
À retenir : les rendements présentés sur les opérations ALCOV sont exprimés avant fiscalité propre à chaque investisseur, sauf indication contraire. La fiscalité applicable peut évoluer pendant la durée de l’investissement.
1

Comment sont imposés les intérêts ?

Les intérêts d’obligations sont des revenus de capitaux mobiliers (produits de placements à revenu fixe), soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU). En 2026, il représente 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %).

2

Qui prélève, et sur quoi ?

La société émettrice (ou l’établissement payeur) prélève à la source, à chaque coupon, un acompte d’IR de 12,8 % et les 18,6 % de prélèvements sociaux. Vous percevez le montant net. L’acompte de 12,8 % n’est pas définitif : c’est une avance, régularisée lors de votre déclaration de l’année suivante (l’impôt de principe reste 12,8 %).

3

Comment déclarer ?

Vous recevez un Imprimé Fiscal Unique (IFU) récapitulant les montants. Sur votre déclaration n° 2042 : case 2TR (intérêts perçus) et case 2CK (acompte de 12,8 % déjà prélevé, imputable et restituable si excédent).

4

Barème progressif ou dispense : deux options

Vous pouvez opter pour le barème progressif (case 2OP, option globale et annuelle), intéressant si votre taux marginal est inférieur à 12,8 %. Si vos revenus sont modestes, vous pouvez aussi être dispensé de l’acompte de 12,8 % lorsque votre revenu fiscal de référence N-2 est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple) — demande avant le 30 novembre de l’année précédente. Les prélèvements sociaux, eux, restent dus.

Obligations · cas particuliers

Selon votre situation

Non-résident fiscal de France

En principe, les intérêts d’obligations de source française versés à un non-résident ne supportent ni le PFU, ni les prélèvements sociaux français (sous réserve des règles applicables aux États ou territoires non coopératifs). Ils peuvent être imposables dans votre État de résidence, selon la convention fiscale. Un justificatif de résidence fiscale vous sera demandé.

Résident de France affilié à un régime social UE / EEE / Suisse

Sous conditions, vous pouvez être exonéré de CSG et de CRDS ; seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû, en sus de l’IR de 12,8 %, soit 20,3 % au total, sur justificatif d’affiliation.

Investissement via une société

Le prélèvement à la source ne vise que les personnes physiques : une société perçoit le coupon brut. Une société à l’IS l’intègre à son résultat (IS de 25 %, ou 15 % jusqu’à 42 500 € pour les PME éligibles) ; une société translucide (SCI/SNC à l’IR) est imposée au niveau de ses associés.

Partie 2

Investir en actions : dividendes et plus-value

En equity, vous détenez des actions du véhicule d’investissement dédié à l’opération. Vous pouvez être imposé sur deux événements : les dividendes éventuels, et surtout la plus-value réalisée à la sortie.

L’essentiel en 30 secondes

Le taux de référence est le même que pour les obligations : 31,4 %. La particularité des opérations ALCOV (value-add, achat-revente) : il y a en général peu ou pas de dividendes ; l’essentiel du gain se matérialise à la sortie, sous forme de plus-value.

31,4 %
sur les dividendes comme sur la plus-value (2026)
DividendesPrélevés à la source (rares chez ALCOV)
Plus-valueAucun prélèvement à la source : vous déclarez

Exemple · plus-value de 10 000 € à la sortie

Plus-value réalisée10 000 €
Impôt sur le revenu (12,8 %)− 1 280 €
Prélèvements sociaux (18,6 %)− 1 860 €
Net après impôt6 860 €
Net 6 860 € IR 1 280 € PS 1 860 €
1

Sur quoi êtes-vous imposé ?

Sur deux flux possibles : les dividendes que la société vous distribue en cours de vie, et la plus-value que vous réalisez à la sortie (revente de vos actions). Dans les deux cas, le taux de principe en 2026 est le PFU de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Sur les opérations ALCOV de type value-add ou achat-revente, les distributions en cours de vie sont généralement faibles, voire nulles : l’essentiel se joue à la sortie.

2

Les dividendes (lorsqu’il y en a)

Comme pour les intérêts, la société prélève à la source l’acompte d’IR de 12,8 % et les 18,6 % de prélèvements sociaux : vous percevez un dividende net, et le récapitulatif figure sur votre IFU. À la déclaration : case 2DC (dividende) et case 2CK (acompte imputable).

Deux différences favorables par rapport aux intérêts : en cas d’option pour le barème, les dividendes bénéficient d’un abattement de 40 % ; et la dispense de l’acompte s’applique à des seuils plus élevés (RFR N-2 inférieur à 50 000 € pour une personne seule, 75 000 € pour un couple).

3

La sortie : comment le gain est-il imposé ?

La sortie d’une opération peut prendre plusieurs formes, qui n’ont pas la même fiscalité. ALCOV privilégie en général le rachat de vos actions suivi de leur annulation, qui relève du régime des plus-values : il n’y a alors aucun prélèvement à la source — vous déclarez vous-même votre plus-value (case 3VG, formulaire 2074 le cas échéant) et l’impôt est payé l’année suivante.

Mode de sortieRégime fiscalPrélèvement à la source ?
Rachat-annulation d’actionsPlus-value — PFU 31,4 %Non : vous déclarez (case 3VG)
DividendeRevenu distribué — PFU 31,4 %Oui : prélevé par la société
Boni de liquidationRevenu distribué + droit de partage de 2,5 %Oui, et taxe additionnelle

Le boni de liquidation est moins favorable : il est imposé comme un dividende et supporte un droit de partage de 2,5 %. C’est pourquoi le rachat-annulation est en général préféré. À noter : aucun abattement pour durée de détention ne s’applique aux titres acquis depuis 2018.

4

Et si vous êtes non-résident ?

Contrairement aux intérêts, les dividendes versés à un non-résident supportent une retenue à la source française (en principe 12,8 % pour une personne physique, réduite le cas échéant par la convention fiscale). Les plus-values d’un non-résident sont en général non imposables en France, sauf participation substantielle ou titres de société à prépondérance immobilière — à examiner selon votre convention.

Actions · situations spécifiques

IFI, apport-cession, transmission

Impôt sur la fortune immobilière (IFI)

En principe, un investissement en actions ALCOV n’entre pas dans le champ de l’IFI, pour deux raisons qui peuvent se cumuler :

  • l’opération relève d’une activité commerciale — achat en vue de la revente (marchand de biens, promotion), ou exploitation (par exemple hôtelière) : les immeubles affectés à cette activité sont exclus de l’assiette IFI ;
  • à défaut, l’investisseur qui détient, avec son foyer, moins de 10 % du capital et des droits de vote d’une société opérationnelle bénéficie d’une exclusion.

La durée de détention est sans incidence : un actif exploité (par exemple un hôtel détenu plusieurs années) reste exclu tant que l’activité est commerciale. En revanche, une détention purement locative et passive serait, elle, dans le champ.

À apprécier au cas par cas

Le traitement IFI dépend de la nature exacte de chaque opération et de son montage. Il est confirmé opération par opération.

Apport-cession (article 150-0 B ter)

Ce dispositif concerne les dirigeants qui, après avoir apporté les titres de leur société à une holding qu’ils contrôlent, ont placé leur plus-value en report d’imposition. Pour conserver ce report en cas de revente rapide, la holding doit réinvestir une partie du produit dans une activité économique éligible (depuis 2026 : 70 % du prix, dans les 3 ans, avec conservation de 5 ans).

Bonne nouvelle : l’immobilier géré à activité commerciale (résidences services étudiantes ou séniors, hôtellerie, para-hôtellerie…) reste éligible à ce réinvestissement, alors que l’immobilier purement patrimonial en est désormais exclu.

Point d’attention essentiel

Le réinvestissement doit être réalisé en direct dans la société qui exerce l’activité (ou via un fonds éligible). Il n’est pas éligible s’il est réalisé via l’interposition d’un SPV ALCOV : souscrire au capital d’un simple véhicule intermédiaire ne satisfait pas la condition de remploi. Une opération d’apport-cession doit donc être structurée spécifiquement, et sécurisée en amont avec votre conseil.

Pacte Dutreil (transmission)

Le pacte Dutreil permet, lors d’une transmission (donation ou succession) de titres d’une société à activité commerciale, une exonération de 75 % de leur valeur, sous engagements de conservation : 2 ans d’engagement collectif avant la transmission, puis 6 ans d’engagement individuel après (depuis la loi de finances 2026), soit environ 8 ans au total, avec maintien de l’activité et d’une fonction de direction sur la période.

Cette durée le rend peu compatible avec une opération courte de type value-add. Il peut en revanche être pertinent sur des opérations longues à activité commerciale maintenue (club deals core+ hôteliers étudiés sur 6 à 8 ans, par exemple), à condition de caler le calendrier de la transmission et des engagements. À étudier au cas par cas.

À la différence du réinvestissement d’apport-cession, l’interposition d’un SPV n’est pas, en soi, un obstacle : le pacte Dutreil admet que les titres de la société opérationnelle soient détenus à travers une ou deux sociétés interposées. Les conditions sont toutefois strictes — la participation doit être conservée inchangée à chaque niveau de la chaîne pendant toute la durée des engagements, et l’exonération de 75 % ne porte que sur la fraction de la valeur représentative de la société opérationnelle. L’obstacle véritable reste donc la durée de vie du véhicule, non l’interposition elle-même.

À ne pas confondre avec l’apport-cession

L’interposition d’un SPV ALCOV est bloquante pour le réinvestissement 150-0 B ter, mais admise pour le pacte Dutreil (dans la limite de deux niveaux et sous réserve de figer la participation pendant toute la durée).

Récapitulatif

Investisseur personne physique résidente — 2026

FluxImpositionPrélèvement / déclaration
Intérêts (obligations)PFU 31,4 %Prélevé à la source ; cases 2TR + 2CK
Dividendes (actions)PFU 31,4 % — abattement 40 % si barèmePrélevé à la source ; cases 2DC + 2CK
Plus-value de sortie (rachat-annulation)PFU 31,4 %Aucun prélèvement à la source ; case 3VG

Situations spécifiques (equity)

SujetPrincipe pour un investisseur ALCOV
IFIEn principe hors champ (activité commerciale, ou détention < 10 %) — à confirmer par opération
Apport-cession 150-0 B terImmobilier géré éligible, mais pas via un SPV ALCOV interposé — en direct ou via fonds éligible
Pacte DutreilConservation ~8 ans + activité maintenue : envisageable sur opérations longues, pas sur du value-add court

Actualités